C'est un matin à l'aube
Que son père est parti.
Son fusil sur l'épaule,
Dans les yeux comme un cri.
II l'a vu un instant
S'enfoncer dans l'absence,
Sans comprendr' les raisons
De cette obéissance.
Sur un chemin de haine,
Sur un terrain de pierre
Où la guerre est un' chienne,
Que l'hymne humain entraîne.
Il l'a vu un instant,
Emporter ses tourments,
Dans le feu de l'action,
Les cris à l'unisson.
Confidences d'orphelin
Par paroles de chagrin.
Confidences d'orphelin,
Les larmes noient son destin.
Un linceul de fumée
A voilé son regard,
Comm' pour lui censurer
L'imag' qui les sépare.
Là-bas, sur l'horizon
Où se déchir' la nuit,
Se fixe sa raison,
L'espoir là comme un cri.
A cet endroit maudit,
Nourri d'hypocrisie,
Pouss'ra sûr'ment un' croix,
Souv'nir de son papa.
Bien pâl's les étendards
Délavés par ses larmes,
Dans un combat bâtard
S'était éteint' leur flamme.
Confidences d'orphelin
Par paroles de chagrin.
Confidences d'orphelin
Les larmes noient son destin
Philippe Thivet