Le supplice de la chèvre

Le supplice de la chèvre

Le supplice de la chèvre
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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 05:59

Le baiser de l'amitié

Le baiser de l'amitié
Y a dans mon dictionnaire usé
La définition du baiser
Ceux qui ont écrit ça me font de la peine
Braves gens je vais vous dire la mienne
Car un baiser c'est du fuego
C'est pas de la bave d'escargot
Et les vieux schnoks de l'académie
Devaient encore être endormis

Y a le baiser le baiser fourbu et flapi
La langue qui traîne jusqu'à terre
Comme un spaghetti ramolli
Le baiser qui fait courir tout Paris
Le baiser saignant et garni
Avec un steack-frites une serviette
Et le service est compris
Y a aussi le baiser tirelire qui est certainement le plus rigolo
Accroupis la langue dehors les narines pincées et les miches dans l'eau

Y a le baiser russe inconnu chez les aristos
La langue repliée en faucille
Et l'autre tendu en marteau
Le baiser compétition argentin
En dansant roulez un patin
Les lèvres soudées le souffle court un chronomètre à la main

Et puis y a le baiser d'Zézette
Le plus salé le plus sucré c'est le plus chouette
On dirait un chausson aux pommes
Langue de velours palais d'amour on la surnomme

Y a le baiser le baiser hurleur inédit
Allongés tout nus sous la pluie
Dans un champ d'orties à minuit
Y a aussi le baiser du ruminant
Le baiser du flic menaçant
La langue chargée jusqu'aux dents
D'un kilo de parmesan
Y a aussi le baiser tricot très difficile et très pervers
Avec les langues nouées papilles à l'endroit papilles à l'envers

Y a le marocain la langue roulée en pois chiche
Un chameau carré sous les miches
Et un p'tit nombril boute-en-train
Pis y a le baiser mystique hypocrite
Les lèvres mouillées d'eau bénite
Les deux langues en croix à genoux
Le seul qui n'ait pas de goût

Et puis y a le baiser d'Zézette
Le plus salé le plus sucré c'est le plus chouette
Pour l'apprécier il faut comprendre
Qu'il est sublime comme une truffe sous la cendre

Y a le baiser le baiser indien que j'aime bien
On s'embrasse trois fois sur le cul
Et on dit coucou tu m'as eu
Y a le baiser japonais qui me plait
On avale un grand bol de lait
On s'embrasse trois fois sur les seins
Et puis on dit plus rien

Et puis y a le baiser d'Zézette
Le plus salé le plus sucré c'est le plus chouette
A côté de sa bouche en flamme
Le Stromboli n'est qu'un p'tit sorbet de réclame
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# Posté le jeudi 12 novembre 2009 04:33

Ma plume et la lune blanche

Ma plume et la lune blanche
La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...
Ô bien-aimée.
L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...
Rêvons, c'est l'heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise...
C'est l'heure exquise.

Paul Verlaine

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 12:39

Armistice du 11 novembre 1918

Armistice du 11 novembre 1918
C'est un matin à l'aube
Que son père est parti.
Son fusil sur l'épaule,
Dans les yeux comme un cri.
II l'a vu un instant
S'enfoncer dans l'absence,
Sans comprendr' les raisons
De cette obéissance.
Sur un chemin de haine,
Sur un terrain de pierre
Où la guerre est un' chienne,
Que l'hymne humain entraîne.
Il l'a vu un instant,
Emporter ses tourments,
Dans le feu de l'action,
Les cris à l'unisson.
Confidences d'orphelin
Par paroles de chagrin.
Confidences d'orphelin,
Les larmes noient son destin.
Un linceul de fumée
A voilé son regard,
Comm' pour lui censurer
L'imag' qui les sépare.
Là-bas, sur l'horizon
Où se déchir' la nuit,
Se fixe sa raison,
L'espoir là comme un cri.
A cet endroit maudit,
Nourri d'hypocrisie,
Pouss'ra sûr'ment un' croix,
Souv'nir de son papa.
Bien pâl's les étendards
Délavés par ses larmes,
Dans un combat bâtard
S'était éteint' leur flamme.
Confidences d'orphelin
Par paroles de chagrin.
Confidences d'orphelin
Les larmes noient son destin

Philippe Thivet


# Posté le mardi 10 novembre 2009 23:51

Jour du souvenir

C'est presque l'automne
Les enfants moissonnent
Et j'ai déjà
Rentré le bois
Toi, en uniforme
Avec d'autres hommes,
Très loin d'ici
Tu es parti
Toi qui chantais

Dans le soleil et dans le vent
Tournant les ailes du vieux moulin
Elles tourneront aussi longtemps
Que nous vivrons main dans la main

Un peu de poussière
Sur la tabatière
Me prouve bien
Que tu es loin
Mais, je crois entendre
Le refrain si tendre
Que l'an dernier
Pour me bercer
Tu me chantais

Ton ami hier
Est rentré de guerre,
Il n'a rien dit
Mais j'ai compris
En voyant ta chaîne
Ton blouson de laine
Que plus jamais
Tu ne viendrais
Me rechanter.

Tournent les ailes dans la lumière
Tourne le temps rien n'a changé
Mais dans mon c½ur, depuis hier
Le vieux moulin s'est arrêté.

# Posté le mardi 10 novembre 2009 09:44

Modifié le mardi 10 novembre 2009 14:46